• 112 participations au concours d’écriture et d’art postal cette année, dont 23 adultes. Pas mal non?

    Provenance: France, Canada, Cameroun.

    Samedi 17 avril, un pré-jury redéfinira les catégories (5 prix en tout),  fera une première sélection de productions, selon une grille d’évaluation très simple:

    Y a-t-il « écriture »?

    Le thème « Drôle de rencontre » est-il respecté?

    Y a-t-il « art postal »?

    La lettre a-t-elle réellement « voyagé »?

    Le samedi 24 avril, le Grand Jury Final sera composé de Frédéric Bonte – représentant de la Direction Régionale de la Poste, Karine Houdayer – responsable du secteur jeunesse de la Médiathèque de Honfleur, François Soutif – illustrateur, Patrice Lebris – photographe, Marguerite Gauthier Protopopova – Conteuse.

    Ce jury tranchera:

    Originalité, créativité (Sujet, présentation, composition…)
    Expression, style (Humour, authenticité, poésie, émotions…)
     

    Ecriture, soin

     

    Orthographe

     

    Oblitération

    Harmonie et équilibre entre le texte et l’enveloppe
     

    Commentaire, coup de cœur…

    Chacun des 5 membres du jury établira son score sur 20. La somme des 5 scores déterminera la note finale. L’anonymat de chaque candidat est préservé. Les participants seront informés par mail.

    Mais l’essentiel n’est-il pas d’avoir créé et d’avoir mené à bien un projet d’écriture? Merci à tous les participants de nous avoir envoyé ces belles productions!  Elles seront exposées pendant le festival « Paroles Paroles » les 7/8/9 mai au grenier à sel à Honfleur..

    La remise des prix aura lieu le 9 mai à 18h à l’issue du concert de « Honfleur Harmonie ».

    Nous vous y attendons…

  • Haikus

    Un haïku (俳句) est une forme poétique très codifiée d’origine japonaise.

    Il s’agit d’un petit poème extrêmement bref visant à dire l’évanescence des choses. Encore appelé haïkaï ou hokku (son nom d’origine), ce poème comporte traditionnellement 17 mores (un découpage des sons plus fin que les syllabes) en trois segments 5-7-5

    Il est calligraphié sur une seule ligne verticale. Le haïku doit donner une notion de saison. S’il n’indique ni saison, ni moment particulier, on l’appellera un moki.

    Voilà pour la théorie…

    En pratique, 6 enfants de 9 à 12 ans participent actuellement au « stage vacances » des Z’ateliers d’écriture. Le poète Bashō Matsuo (1644-1694) peut être fier d’eux!

    Vous en voulez un premier échantillon? Il n’y a qu’à demander!

    VSC.

    .

    Une odeur de plante

    La nature est vivante

    Je sens la tristesse

    Lou

    .

    Au jardin d’Eden

    L’espoir pourra revenir

    Chante l’alouette

    Juliette

    .

    Orage salissant

    Tonnerre abracadabrant

    Et mon cœur périt

    Angèle

    .

    Une fraise danse

    Boire sur le bord de la mer

    Et jouer dans l’eau

    Hugo

    .

    Quand je réfléchis

    La beauté de la rivière

    Suffit au bonheur.

    Léa

    .

    Belle cabane en bois

    Au printemps, musique venue

    J’ai l’idée joyeuse.

    Capucine

  • Au pays des Haïkus.

    Célébrer la nature au printemps, voyager si loin, si près…

    Et voilà! Des Z’ateliers d’écriture poétique pour les enfants pendant les vacances de pâques, du lundi 12 avril, à 10h à l’école de Musique Erik Satie et du mardi au vendredi 16 avril,   à la  médiathèque de Honfleur.

    Mais aussi du nouveau! Un partenariat avec La Compagnie du souffle 14:

    Un stage de mise en voix de textes poétiques ou des écrits d’ateliers ,  le week-end des 1 et 2 mai, à l’école de Musique Erik Satie.

    Les textes écrits pourront être lus et diffusés sur cartes postales les 8/9 mai 2010, pendant le festival « PAROLES PAROLES ».

     

    Inscrivez-vous vite, les places sont limitées à 8 par atelier!

     

    Haiku, du 12 au 16 avril : 5 h d’atelier: 25€.

    Mise en voix, 1 et 2 mai : 4h d’atelier: 20 €

    Haikus + Mise en voix : 9h d’atelier:40 €

    Pour plus de renseignements, contacter le  06.71.57.92.14… ou par mail : tetedebois@ymail.com

  • T’as voulu voir Vierzon
    Et on a vu Vierzon
    T’as voulu voir Vesoul
    Et on on a vu Vesoul
    T’as voulu voir Honfleur
    Et on a vu Honfleur
    T’as voulu voir Hambourg
    Et on a vu Hambourg
    J’ai voulu voir Anvers
    Et on a revu Hambourg
    J’ai voulu voir ta soeur
    Et on a vu ta mère
    Comme toujours…

    http://www.youtube.com/watch?v=5qmb3sTq6eg

    « Cher JACQUES,

    Il semble qu’Honfleur n’a jamais vraiment réfléchi à son destin brélien. Comme Vierzon d’ailleurs. Citée tout au plus dans une chanson née en 1968. Et c’est tout. Qui aurait dit qu’un jour, à la lueur d’une folie peut-être, d’une prise de conscience certainement, quelqu’un viendrait frapper à la porte d’Honfleur : « bonjour c’est Vierzon, une chanson nous relie… » La réponse fut amusante : « c’est bien la première fois qu’on nous demande ce genre de choses (…) »

    Et voilà, il aura fallu quelques grains de folie d’homme pour que 14 tracteurs arrivent de Vierzon à Honfleur ce week-end de pâques… Le début d’un long périple, une ville par an, en suivant les paroles de cette chanson de Brel… Vivement Hambourg!

    Rendez-vous en fanfare pour accueillir ce joyeux cortège, samedi 3 avril, place de l’Hôtel de ville à Honfleur!

    VSC.

    Pour en savoir davantage, visitez leur Blog:
    http://vierzoul.over-blog.com/article-honfleur-destin-brelien-comme-vierzon-47166842.html

  • Tu es femme et tu aimes,

    L’odeur des épices, de l’herbe et des bois,

    De la mousse, des fruits mûrs

    Et le bruit de la pluie sur le toit,

    Le cocon d’une chambre,

    La lumière subtile d’une bougie,

    La douceur de la soie qui épouse tes plis.

    Tu es femme, et tu l’aimes,

    Et si tu le reçois,

    Murmure lui encore…  ce qu’il sait déjà :

    Qu’en douceurs, en saveurs subtiles

    L’amour s’offre et se boit.

    Sans hâte, en très douce violence,

    En caresses  et dièses,

    En musique patiente, partagée, accordée.

    S’il t’aime, même s’il ne le dit pas comme ça, il saura

    Vivre avec toi ces sommets que jusque là,

    Tu étais sûre  que tu ne franchirais pas !

    Et puis dans l’odeur des épices, du bois,

    Au bruit de la pluie sur le toit,

    Tu y penseras,

    Et… tu le sais,

    Vous revivrez encore ces moments-là !

    Marguerite Gauthier Protopopova

  • Mars

    Sur les bords du lac évaporé
    la « Martine » pleure
    son pauvre tronc qui s’est cassé :
    un seul hêtre vous manque
    et tout est des peupliers.

    Bernard Orange

    A lire également sur ce blog: https://leszateliersdelatetedebois.wordpress.com/creations/bernard-orange/

  • Emigration

    La souffrance de tout perdre n’a pas été la nôtre.

    Elle a pétri ceux qui nous ont donné la vie. Ils sont restés discrets, mais elle les a tant imprégnés que nous l’avons inhalée par grandes bouffées. Dans le parcours de chacun d’entre nous, elle laisse des traces. Par respect pour ceux qui nous ont précédés je ne décrirai pas les courbes brisées de leur vie – et d’ailleurs, serais-je capable de les rendre avec justesse ?

    Mais pourquoi ne pas évoquer quelques traits caractéristiques de mon état d’enfant d’émigrés ?

    Tout d’abord le nom que je portais, qui dépassait de loin tous ceux de la liste alphabétique de mes camarades de classe, et qui me valait d’être repérée dès la première heure d’école. Un nom compliqué et écorché par tous, qui marquait sans doute possible mes origines russes. Que signifiaient-elles pour moi, alors, ces origines ? Bien sûr une entrave, car en tant qu’enfant je vivais mal la certitude (que j’amplifiais sans doute) – d’une différence : dans les vêtements, dans la nourriture quotidienne, dans l’agencement de la maison, dans le fait que je passais mes jeudis à « l’école russe » au lieu de jouer à la marelle. Là j’apprenais à lire, écrire, décliner et conjuguer en russe, ainsi que le catéchisme orthodoxe et l’histoire de la Sainte Russie… Pourtant, là non plus je ne me trouvais pas vraiment à ma place. De nombreux enfants russes parlaient beaucoup mieux que moi, car ils ne parlaient que le russe à la maison. Chez nous, les conversations avaient lieu en trois, voire quatre langues – russe, allemand, français et parfois anglais – nos origines sont multiples ! Et les enfants de l’école russe étaient vraiment orthodoxes, nous étions protestants comme ma mère et allions régulièrement au temple.

    Pourtant, les messes de Pâques russe qui duraient des heures, les chants et l’odeur d’encens, l’atmosphère des petites églises couvertes d’icônes et ces rites qui s’adressent à tous les sens à la fois n’ont jamais cessé de m’émouvoir.

    Là, le temps est autre, comme il l’était ces soirs où les vieux amis russes venaient dîner, jouer du piano et chanter. Ces moments-là ont contribué à alimenter une nostalgie profonde pour un pays qu’il me serait impossible de connaître tel qu’il m’était conté, une sorte de paradis jamais connu et pourtant perdu, une grande famille alors unie, dont les quelques rescapés étaient à présent disséminés dans différents pays étrangers.

    Née à Paris de parents apatrides, je n’ai été naturalisée qu’un an après ma naissance.

    Mes parents l’ont été beaucoup plus tard : ils ont donc vécu en France près de trente années sans nationalité, sans certitude que le droit de rester en France soit vraiment acquis. La nécessité impérieuse de s’en sortir les a rendu extrêmement exigeants vis à vis d’eux-mêmes – mais aussi de leurs enfants. Il était impensable de ne pas être « dans les cinq premiers » de la classe, et nous étions soumis à quantité de « principes de bonne éducation » que nous n’aurions pas osé contester. Nous n’avons jamais pu envisager que la vie pouvait être légère ou facile, tout devait être pris au sérieux et nous étions souvent enclins aux sentiments de culpabilité. Pour ma part, j’étais assez douée pour me préserver et développer des attitudes de fuite lorsque je ne voulais ou ne pouvais pas assumer.

    La bonne éducation passait aussi par les musées, l’opéra, les voyages et les « échanges » avec des correspondantes étrangères. Pourtant, la famille n’a jamais connu d’aisance financière. La culture, l’apprentissage des langues n’étaient pas un luxe, mais bien une priorité. Et je ne me sentais pas moins bien dans les autres pays qu’en France.

    En épousant un  français au nom bien français, en côtoyant une belle-famille française, clamartoise, protestante, j’ai eu la tentation un temps d’oublier mes origines. Il est vrai que je n’avais pas l’impression qu’elles étaient bien comprises et acceptées dans ce contexte.  Nos filles sont  françaises, elles ont des prénoms français et non adaptables à quatre langues comme les nôtres. Elles n’ont pas émis le souhait d’apprendre le russe, et je n’aurais jamais envisagé de les y pousser.

    Pour percevoir mes origines différentes comme un « plus », il m’a fallu beaucoup de temps. Celui de me sentir enfin « bien » en France, intégrée – peut-être le fait d’avoir passé des concours pour lesquels la nationalité française était une exigence n’a-t-il pas été anodin ?

    Et, petit à petit, est venu le sentiment qu’être française, c’était essentiel, mais pas suffisant.

    Le goût des plats de mon enfance, les icônes et objets russes ont pris leur vraie place dans mon quotidien, ainsi que les broderies au point de croix qu’élabore toujours ma mère et sur lesquelles j’ai passé tant d’heures étant petite. Ma soeur aînée prépare avec plaisir une fête pour Noël russe, la Pâque russe est riche de rites incontournables même pour les miens. Les liturgies en vieux slavon alternent avec les quartettes de Mozart, et j’aime retrouver chez mes enfants des traits physiques – pommettes larges, yeux en amande – qui évoquent le passé de ma famille. Et j’apprécie  la sérénité et la beauté du cimetière de Sainte-Geneviève des Bois, authentique morceau de Russie en France.

    En fait, je ne me sens jamais aussi bien que lorsque je suis dans un pays étranger, dans une ville cosmopolite, où on s’exprime dans plusieurs langues. Mon parcours me donne parfois l’impression d’être devenue « citoyen du monde », avec cette chance réelle : être née en France, alors que l’émigration aurait pu nous faire échouer ailleurs…

    Et maintenant, comme cela s’est passé pour certains de mes amis, je suis souvent confrontée aux questions de mes enfants, de leurs compagnons ou amis,  intéressés et parfois fascinés par la « Saga familiale ». Mes filles ne se cachent pas d’avoir des origines russes, elles en sont fières. Moi aussi.

    Pourtant je ne perdrai sans doute jamais  l’impression qu’il faut se battre pour exister… et que je ne suis pas vraiment d’ici, ni vraiment d’ailleurs.

    Maintenant, le goût m’est venu d’en connaître plus sur le passé, même s’il a été douloureux. Et de le transmettre,  s’ils le souhaitent. Il saura les enrichir.

    Marguerite Gauthier de Protopopoff

    A lire également sur ce blog aux pages « Rencontres » : https://leszateliersdelatetedebois.wordpress.com/creations/marguerite-gauthier-protopopova/

  • Pablo Neruda

    En visitant la page des dimanches poétiques du blog « lisez jeunesse », je viens de retrouver ce texte de Pablo Neruda, dont est extraite la citation:

    « Je veux faire avec toi ce que le printemps fait avec les cerisiers. »

    Je l’avais lue avec tant de plaisir sur les murs de Valladolid lors de mon dernier séjour en Espagne.

    « Quiero hacer contigo lo que la primavera hace con los cerezos » .

    Et la voilà qui ressurgit, au printemps:   http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2010/03/14/17174613.html

    Pourtant, la lecture du texte en français me laisse sur ma faim. J’ai l’intuition qu’il sonnerait tellement mieux en espagnol… Et pour cause. Curieuse, je vais fouiller sous mon moteur de recherche préféré et je trouve… presque trop vite.

    Et voilà. Au delà du sens, la poésie c’est aussi ça: la puissance évocatrice d’une langue,  la mélodie des mots et l’envoûtement des sonorités… Je vous laisse savourer, avec l’accent.

    V.S.C.

    (Juegas todos los días con la luz del universo.
    Sutil visitadora, llegas en la flor y en el agua.
    Eres más que esta blanca cabecita que aprieto
    como un racimo entre mis manos cada día.)

    A nadie te pareces desde que yo te amo.
    Déjame tenderte entre guirnaldas amarillas.
    Quién escribe tu nombre con letras de humo entre las estrellas del sur?
    Ah déjame recordarte cómo eras entonces, cuando aún no existías.

    (…)

    Mis palabras llovieron sobre ti acariciándote.
    Amé desde hace tiempo tu cuerpo de nácar soleado.
    Hasta te creo dueña del universo.
    Te traeré de las montañas flores alegres, copihues,
    avellanas oscuras, y cestas silvestres de besos.
    Quiero hacer contigo
    lo que la primavera hace con los cerezos.

  • Louise Bourgeois

    Soirée lecture à La Forge le samedi 6 mars 2010

    Vous n’y étiez pas ? Dommage…

    Dommage car vous auriez vécu un moment de partage intellectuel plein d’empathie et d’exigence. Après un moment de convivialité passé dans le foyer de La Forge –et qui préludait à un débriefing gourmand signé Fan, nous avons gagné le premier étage et nous sommes assis dans le clair obscur de la bibliothèque.

    Dominantes noires et rouges. Sculptures. Fraternité des livres. Cloisonnés au plafond enchâssant des scènes de la forêt traversées d’êtres malicieux. Sièges hétéroclites et un peu spartiates. Une ambiance chaude, à la fois festive et studieuse. Une lampe articulée dessine un rond de lumière sur un bureau où s’alignent quelques ouvrages choisis. Devant le bureau, deux tableaux sur bois illustrent le thème récurrent du lieu, une reine, un roi et l’invisible barrière de leur solitude respective. Un rétroprojecteur diffuse une lumière blanche derrière un paravent obscur. Au fond de la pièce, en fond d’écran, la photo de Louise Bourgeois. Son beau visage ridé aux traits fermes, au regard droit. Le conférencier n’est pas rébarbatif ; le regarder et le voir bouger dans l’espace donnent envie de savoir ce qu’il a à dire d’une femme connue surtout des gens cultivés.

    Lui-même artiste plasticien, Laurent Jaffrenou a sculpté pour nous le portrait de Louise Bourgeois. Son choix -textes, sculptures, dessins- nous a permis d’aborder les racines de sa démarche créative. Elle y parle de son travail, des matériaux qu’elle utilise, du rapport profond qui existe entre l’être intérieur et la main, de l’importance  de réminiscences qu’on pourrait croire anecdotiques et qui imprègnent totalement l’œuvre aboutie. Louise Bourgeois a seulement conscience d’une urgence vitale : au terme d’une élaboration intérieure qu’elle-même ignore, elle doit formaliser un objet qui la protège de sa propre destruction. Elle ressent la nécessité d’agir pour n’être pas dominée par les frustrations et les chagrins de l’enfance. Elle ne regarde pas vers son passé. C’est son passé qui se manifeste à elle pour être sculpté et dessiné afin que demain puisse advenir et qu’elle ne soit pas emprisonnée, empoisonnée par des souvenirs douloureux. Par l’œuvre d’art, elle se rend apte à accueillir le présent et à aspirer à être à demain. C’est au prix d’un travail sur soi-même qu’elle peut appartenir réellement au monde et se tourner vers les autres avec une curiosité toujours renouvelée.

    Un feston sonore illustre la lecture ; Louise Bourgeois fredonne des comptines. La voix est voilée par l’âge mais l’intention est là : le décalage entre l’ampleur d’une œuvre intimidante et la joie malicieuse qui l’a accompagnée. Au terme de la lecture, chacun, chacune, artiste ou non, se pose la question de son propre positionnement. Tous nous entendons presque douloureusement l’injonction de Louise Bourgeois d’être à jour, de vivre joyeusement le présent, libres des entraves des vieilles blessures. En fait l’injonction se résume à ceci : faites donc de votre vie une œuvre d’art !

    FEM, mars 2010

    A propos de Louise Bourgeois:

    Quelques unes  de ses oeuvres présentées sur une musique d’Erik Satie : http://www.youtube.com/watch?v=NXq2tBDH9YM

    Un reportage en anglais: http://www.youtube.com/watch?v=JMdWNwOWnng

    A propos de la Forge sur ce même Blog: https://leszateliersdelatetedebois.wordpress.com/creations/florence-marie-la-forge/

    LA FORGE- 25, rue de la Foulerie – 14600 Honfleur
    Tél : 02 31 89 49 39

     

  • Arpentage photographique

    « Je veux me confronter aux lumières, aux hasards, forcer ma curiosité,
    m’ouvrir, briser mes idées reçues, exorciser cette peur du monde »,
    Raymond Depardon, « Errance »

    Révolution pacifique en Pays d’Auge

    L’idée de départ est la suivante : une photo par jour, du 1er janvier au 31 décembre 2010. Une boucle autour de mon domicile, en progressant de cent mètres et de deux minutes chaque jour. Soit 365 photos, réalisées entre 6 :00 et 18 :00, au fil des saisons, sur un parcours de 36,5 kilomètres. Un univers à taille humaine, à portée de pieds, qui pourrait être parcouru en une journée. L’étalement de ce parcours dans le temps répond à l’envie de ne (surtout) pas faire un marathon photo, une performance artistico-sportive ( !), mais au contraire de prendre le temps de travailler un sujet. Plutôt que de démarrer le 1er janvier à 6 :00 pour terminer le 31 décembre à 18 :00 – ce qui aurait occasionné beaucoup de photos de nuit – j’ai opté pour le découpage suivant : du 1er janvier au 30 juin, les photos seront prises de 12 :00 à 18 :00 et, le deuxième semestre, de 6 :00 à 12 :00. Je bénéficierai ainsi toujours de bonnes conditions de lumière. En contrepartie, il y aura peu d’aubes et de crépuscules, dont pourtant j’affectionne les ciels, les lumières. On ne peut pas gagner sur tous les tableaux…© Patrice Le Bris – Voilà pour la théorie…. Dans la pratique, après bientôt de deux mois d’arpentage, j’ai dû composer avec plusieurs réalités : les contraintes professionnelles et personnelles qui rendent parfois impossibles un de ces rendez-vous quotidiens, le côté chronophage de la démarche (une photo par jour, c’est en moyenne deux heures de temps, déplacement compris) qui rogne trop mon temps de travail.
    L’élément primordial à conserver, puisqu’il fonde ma démarche, reste l’arpentage : regarder un territoire avec un œil grand ouvert, rechercher l’insolite dans la banalité, la beauté comme  la laideur, la rencontre, l’appréhension géographique, sociologique… d’un territoire. 
    Le parcours est un triangle situé entre l’A13 et l’A29 d’une part, et entre Beuzeville et Honfleur d’autre part, en limite nord-ouest du Pays d’Auge. Les communes traversées devraient être Gonneville-sur-Honfleur, Fourneville, Le Theil-en-Auge, Quetteville, Beuzeville, Manneville-la-Raoult, Équainville, Fiquefleur, Ablon, La Rivière Saint-Sauveur, Genneville.

    Patrice Le Bris

    Découvrez cette nouvelle chronique en images et en textes :
    https://leszateliersdelatetedebois.wordpress.com/creations-adultes/3-6-5-arpentage-photographique/
    Un site ami: http://www.filiber.org/
    Un lien chanson : http://wizzz.telerama.fr/filiber