Une invitation à découvrir des artistes en herbe, ou confirmés, autour de notre dernier projet : « livres d’artistes ».
12 stagiairesados et adultes sont allés au bout de leur envie et ont réalisé un ouvrage complet où l’écriture, la mise en forme plastique et les techniques de reliure le rendent unique.
Vous serez surpris de voir comment des mêmes règles du jeu stimulent la créativité et donnent naissance à des livres aussi différents… De purs chefs-d’oeuvre! Vous comptons vivement sur votre présence lors de la présentation, sinon sur votre passage à la médiathèque dans la semaine!
Médiathèque Maurice Delange
Place de la Porte de Rouen
14600 Honfleur
Nous avons aimé « les éclaboussures » et « D Day » en 2012, et aimons déjà CHAMP D’APPEL , sans l’avoir vu… Certes nous commençons à manquer cruellement d’objectivité, mais restons lucides, le talent et la jeunesse n’en finissent pas de nous éblouir… D’ailleurs, nous envisageons de créer un fan-club. Qui adhère?
En attendant,
Rendez-vous vendredi 25 ou samedi 26 janvier à 19h30, avec la Compagnie Accord sensible –
« Bon, la moissonneuse-batteuse s’éloigne. Et, tout d’un coup, je suis tenté de sortir de son sillon. Alors oui, bien sûr, il faut imaginer. Je prends à l’oblique. Attendez, je tire un peu sur le fil du micro. Voilà, j’avance. J’arrive maintenant sur une petite colline. C’est vraiment beau à voir. J’en profite. Ah, je me suis pris les pieds dans… Un renfoncement. J’écarte les brindilles. Comment dire ? C’est curieux. Ça a l’air d’être assez profond. J’ai envie de m’engouffrer à l’intérieur. Je ne sais pas si vous me suivez… »
Un projet dirigé par François Lanel
Fabrication collective
Avec la collaboration de Valentine Solé
Scénographie – David Séchaud &Thibault Moutin
Lumières & Régie générale – Thibault Moutin & Romain de Lagarde
Son – Lucas Hercberg
Avec Léo Gobin et David Séchaud La Chapelle Saint Louis – Place de la Rougemare – 76000 Rouen
Une année difficile à terminer pour tous ceux qui l’ont connu.
Jean-François Catelin, chroniqueur nomade des Z’Ateliers, instigateur de mes errances créatrices, souffleur d’ envies, amoureux de la vie et des arts, homme totem, a été déraciné par un grand vent du large le 7 septembre dernier. Et si le gouffre de son absence n’en finit pas de s’ouvrir, béance particulièrement douloureuse au sortir des fêtes, je me sens tout juste capable de l’évoquer ici. J’avais promis des textes inédits aux amis, des extraits de ses poèmes ou de ses chansons sur ce blog…
Le temps fait péniblement son oeuvre. Et le hasard des relectures aussi, une nouvelle plongée dans ses écrits, une photo, une parole, un souvenir… le moment est là. Un premier hommage, il y en aura d’autres.
Commençons donc puisqu’il faut bien choisir une entrée dans le labyrinthe de ses créations, par un texte écrit en 2009 à l’occasion de notre premier concours d’écriture et d’art postal: « D’ici ou d’ailleurs, il est une fois ma terre… » Ce texte n’est jamais parvenu dans la boite aux lettres des z’Ateliers, juste dans ma boite mail, comme une contribution intime à ce premier grand jeu d’écriture… Merci Papa.
Voici un long extrait où tous ceux qui l’ont connu le trouveront, se trouveront. Un texte nostalgique qui mord la vie à pleines dents. Comme toujours. « Maison à vendre », même si cette dernière fois, il a changé d’avis ou que finalement, il n’en a pas eu le temps.
« MAISON A VENDRE
On a décidé de vendre la maison. Ce n’est pas le bon moment mais est-ce jamais le bon moment de vendre ? Ce n’est pas le bon moment car la situation éc … mond … est … trophique , les usines ferment et se déplacent , les gens perdent leur emploi et deviennent pauvres . L’orchestre du monde joue des partitions nationales de sauve qui peut : ici les cuivres de l’oncle Sam et le solo de Sauveur Obama , l’Elu in extrêmis , tentative désespèrée de l’acrobate démantelé cherchant une rémission à l’inconséquence antérieure , là … On a décidé de vendre alors que tout va mal (…) On a décidé de vendre car vendre ou acheter font partie d’une vie et des hasards d’une époque . Et cette époque est un fleuve au cours changeant . (…) La vente de la maison nous recale dans l’histoire . C’est la maison des belles histoires . Souviens-toi (…)
Et notre amour , et les naissances , autant de fêtes les naissances , et la vie , la jeunesse , le mouvement , le rire et les chansons et les enfants , les enfants et les poules , les lapins et les chiens . Les chiens , guetteurs de notre histoire . La vie battait au rythme des matins , des jours et nuits , au rythme de notre coeur , famille et amis . Que d’amis ! De nos travaux , de notre travail , de nos chansons d’amour et de lutte , qui nous ressemblaient , de révoltes , si tu aimes , tu te bats , pour eux , pour toi , pour te sauver et sauver de l’égoïsme , parce que tu es un homme , une femme de cette histoire personnelle et universelle à la fois . Je t’aime dans la persistance des floraisons et des chutes de feuilles , dans le rythme porteur de notre histoire , banale histoire des gens qui s’aiment et vivent , de nous , nous deux , nous six , nous et notre famille et les amis et toute l’humanité (…)
La part belle revint à la fraternité et l’amitié . l’amitié . « cré-co » , le plombier et sa douce et sa solaire épouse , Eléonore . Nous nous vîmes et revîmes et fréquentâmes avec bonheur jusqu’à ce drame horrible qui hante encore nos nuits et engloutit à jamais nos amis très chers . Page arrachée au calendrier de la vie . La maison fut Jean puis jean-Pierre , l’électricien , puis les chanteurs et musiciens qui défilèrent , vocalisant la truelle à la main . Les joints de maçonnerie du séjour étaient un accord de guitare , une note de piano , un chahut de voix et et des rires . Les pierres étaient lumineuses avec des éclats , des paillettes , des rivages et des hautes mers . La maison fut le ciment des évènements et des fêtes entre amis et familiales , naissances , mariages , et de fêtes intimes que la mémoire des fenêtres ne saura jamais oublier .
La maison sent les foins séchés les coquelicots , les sauterelles et les andains qui piquent les fesses . Et j’ai envie de toi , dans la maison , dans l’univers . Et j’ai envie de la vie qui déferle dans tes yeux et ta respiration et le rythme de ton sang .
La maison aussi a envie , de toutes ses fenêtres pétillantes , par les bras de ses portes , ses bouches d’ombres , son ventre sombre et profond , le secret des armoires et le bruissement des rideaux … La maison s’ouvre au rire des enfants , aux poursuites , claque ses portes , aux jeux . La maison n’est pas jalouse , comme je le suis , de Toi (…)
Trente ans plus tard , je me retrouve bloqué dans l’allée centrale d’un Boeing 777 qui nous ramène de quelque part . Au rang derrière nous , contre le hublot , il y a l’éternel bavard qui raconte sa vie , si haut que personne ne peut y échapper : le passeport oublié dans la voiture , le contrôle de police qui s’éternise , l’avion qui décolle , seul …et la voisine qui hoquète , qui caquète , qui halète , qui allaite … il fallait le dire .
L’avion , c’est déjà une demeure privilègiée qui ouvre l’espace qu’elle relie et le temps qu’elle perd ou rattrape . Quelle maison offre ainsi l’ambiance d’un bistrot de village où l’on viendrait du monde entier pour parler aux hôtesses , boire un café – peu importe la qualité du café – et tuer la longueur du voyage ? Tu pars de quelque part , Hong Kong , Montréal , Auckland , ou de n’importe où et tu cours après le temps jusqu’à le rattraper , ce que tu crois . Mais le temps ne se comprime pas ni ne se répand . Il te suit et te rattrape ou te précède et te vieillit . ce que tu crois . L’illusion est parfaite sauf si tu penses que ta vie , la tienne , c’est l’unité du temps . Tu es toi-même le temps (…)
Le temps passé s’installe dans l’utopie . Le souvenir des gens et des choses se nimbe de la nostalgie de ce qui fut et ne sera plus ; la poésie douloureuse s’applique plus facilement au passé qu’au présent. Douleur de l’absence et de la solitude . J’avais des grands parents , des parents , des oncles et tantes , des frères et soeurs, j’avais une humanité familiale . Ils ont disparu ou se sont absentés , c’est la même chose . La mer est vide à perte de vue , les morts sont sous la surface (…)
Je suis et nous sommes tous créoles . Mes ancêtres , mes grands parents et parents viennent d’histoires différentes , de va-nu-pieds du Moyen Age , et de seigneurs , de mélanges de fortunes et de peaux , de conquêtes et de soumissions . Et chacun de la lignée , le paysan normand , l’ancien viking , l’Espagnol fuyant les Maures, le Maure fait prisonnier , l’Africain habitant les Etats Unis d’Amérique et qui épousa mon arrière grand-mère pour s’affranchir , chacun de la lignée se retrouve au terminus prêt à sceller son aventure et l’histoire du monde .
On a décidé de vendre la maison . On pourrait dire on va vendre la dune , les pins , la mer et les grandes marées , le vent qui s’engouffre pendant des jours et des saisons , les troupes de mouettes , les vols de courlis et les goélands et l’orchestre des vents d ‘Ouest et le chant des vagues .
A VENDRE
Je vais quitter cette mythologie marine et cherche où aller . Ailleurs , vers la mer , une autre mer qui envahit tout , les maisons et les vies . Dans quelle mythologie vais-je me retrouver? Les voyages , les découvertes , sans port pour le retour , instinct suicidaire ou sursaut de survie ?
La maison nous a tout donné , tout ce que nous attendions d’elle , nos enfants , nos fêtes familiales , le bonheur de ceux qui venaient nous voir et respirer l’azur . Nous avions tous les yeux bleus , nous avions tous une rose au coeur , nous avons eu des épines aussi , la maison était complice de nos joies et de nos peines , et nous y gardons nos souvenirs même si les gens ont disparu . Puis le temps a passé . Le temps … »
Marguerite Gauthier Protopopova, « Passeur de légendes » revient à la Forge avec de nouveaux contes d’hiver, pour notre plus grand plaisir.
L’orchestre traditionnel de l’école de musique Erik Satie, dirigé par Anne Stephenson l’accompagnera dans ses déambulations vers le grand est.
Et pour fêter décemment ces nuits les plus longues de l’année et le premier soir des vacances pour les enfants, la musique se poursuivra autour d’un vin chaud et de grignotes au jardin d’hiver.
Une soirée à ne rater sous aucun prétexte! Tout public à partir de 7 ans.
Sabrina Le Bris, Richard Lowther, Vanessa Simon Catelin
La première séance est déjà passée, le projet présenté dans son ensemble, et quelques jeux d’écriture déjà pratiqués. A partir de maintenant, tout sera prétexte à « Histoires courtes », et bientôt le livre émergera , laboratoire de création…
Vivement samedi prochain! Et à tous ceux qui auraient aimé… qui n’ont pas osé… qui étaient trop occupés… qui s’y sont pris trop tard… rendez-vous mi décembre pour l’exposition de nos oeuvres! (à suivre)
« Un poème ne se récite pas comme on récite une table de multiplication : il se dit, se joue, se murmure, se susurre, se hurle, se crie, se sait dans le silence constitutif même de son existence. »
Et oui, ça sent la rentrée. Et ce matin, en me penchant sur les maisons d’édition spécialisées en poésie, je découvre un article sur le blog de « L’épi de Seigle », une lettre ouverte signée Dan Bouchery et Jacques Fournier .
Adressée en 2008 à Monsieur Darcos , cette lettre vaut encore aujourd’hui, puisque nous n’avons pas encore entendu parler des nouvelles instructions officielles pour l’école élémentaire. Les termes de « récitation », « rédaction » n’ont pas encore disparu de la circulation, au profit d’autres barbaries comme « Poésie » ou « ‘Expression »…
Pour rappel ce sont ces deux premiers termes qui avaient mis le feu à nos poudres et motivé la création de cette association, en réaction à un enseignement plus CREATICIDE que jamais.
Alors voilà, cinq ans après, rien n’a changé… Mais malgré tout, pour fêter la rentrée sous de nouveaux tropiques, je m’improvise porte-voix de cette très belle colère.
Bonne lecture et bonne rentrée poétique sur les bancs de l’école.
Séduits l’an passé par « Les éclaboussures », nous vous invitons vivement à découvrir cette compagnie, qui n’a pas fini de faire parler d’elle à Honfleur…
« Le D-Day, pour nous, c’est un petit peu comme le Jour J. Celui où tout peut arriver. C’est ce vers quoi on tend, ce après quoi on court, au risque toujours qu’il nous échappe. C’est une sorte de quête, de recherche perpétuelle. Et jouer D-Day en Normandie, ce n’est évidemment pas anodin. Il s’est passé beaucoup de choses… Alors nous ferons tout pour être à la hauteur de l’événement. Ce sera une nouvelle tentative du Hic et nunc (ici et maintenant), de l’immédiateté verbale et sensorielle, à la fois ludique et absurde, drolatique et gracieuse, tangible et vulnérable.
Ce sera peut-être notre D-Day. »
Vendredi 8 Juin à 20h, Samedi 9 Juin à 17h et à 20h, Dimanche 10 Juin à 17h
Chapelle du Château de Prêtreville – 14600 Gonneville-‐sur-‐Honfleur
Réservations (attention jauge limitée) – Par téléphone au 06 63 66 93 43
Tarif plein: 15 € / Réduit: 10 €
Un projet dirigé par François Lanel , en collaboration avec Valentine Solé . Avec Lili Mamath & Léo Gobin .
Projet soutenu en résidence par les 6000, Jachère Artistique et Culturelle.
La Compagnie est parrainée par le Cabinet Verger et sponsorisée en 2012 par les Ets Daniel Lainé, le Cabinet Le Saux, Normanet SAS, AF Maintenance, SAS Hue, Ets Le Brun Turgis, SARL Lepeltier, OTIS .